bruxelles, ville refuge - ICORN

 

Passa Porta souhaite apporter une contribution de poids pour améliorer la situation inacceptable dans laquelle se retrouvent de nombreux écrivains. De par le monde, l'on recense près de 1000 écrivains méprisés, menacés ou emprisonnés en raison de leur profession. L'écriture ou la prise de parole leur est rendue difficile, voire impossible.

Passa Porta est membre de ICORN (International Cities of Refuge Network). Ce réseau rassemble des villes ou des organisations qui s'engagent à soutenir les écrivains menacés durant une période allant d'un an à maximum deux ans. Elles les accompagnent pour qu'ils accèdent à une place à part entière dans un nouvel environnement politique, social et culturel. ICORN collabore avec le PEN International pour repérer les écrivains dans le besoin.

Depuis 2010, Passa Porta bénéficie du soutien actif de la Ville de Bruxelles pour ce projet. Celle-ci met en effet gratuitement un appartement à la disposition de l’écrivain réfugié. Cette initiative présente Bruxelles comme une métropole ouverte, qui s'engage en faveur de la liberté d'opinion et des droits humains.

2016-2017: ARASH CHAKERI

images+press/arash_chakeri_c_mehdi_rostami.JPGArash Chakeri (Téhéran, 1982) est un auteur-compositeur-interprète, poète et prosateur iranien. « Solitude », son premier recueil de poèmes composé de ghazals, est publié en 2003 sans l'autorisation du Ministère de la Culture et de l'Orientation islamique. Pour son deuxième recueil « Les larmes de la guitare » (2006) l'auteur a été obligé à retirer plusieurs poèmes portant sur l'activisme social et politique. Il est un grand admirateur de l'œuvre du romancier moderniste iranien Sadegh Hedayat (Téhéran, 1903 - Paris, 1951), dont l'œuvre La Chouette aveugle (1937) a été salué par les surréalistes lors de sa parution en français en 1953. En 2013, Arash Chakeri publie son premier roman « J'étais mort », désormais uniquement disponible sur le marché noir iranien. Son anthologie de chansons « Ton interprète »  a paru en 2013. Chakeri continue à lutter pour la liberté et la démocratie et se montre de plus en plus critique envers le gouvernement de son pays. Ces dernières années, il a été la victime d'attaques, d'arrestations et de menaces. En 2015, il décide de quitter son pays. Ses œuvres n'ont pas encore été traduites en français.

 

2014-2015: L'auteur et journaliste marocain Ali Amar (1969 - Mohammed VI. Le Grand Malentendu, Paris-Marrakech) est co-fondateur de l'hebdomadaire marocain indépendant Le Journal, qui a cessé de paraître pour des raisons politiques et financières. Son livre sur Mohammed VI n'était pas bienvenu au Maroc. Agé de 42 ans, Amar a notamment collaboré au site d'information Slate. Dans son oeuvre, il dépeint avec courage la réalité actuelle de son pays. Pendant son séjour à Bruxelles, il a notamment fondé le nouveau site indépendant Le Desk.

2011-2013: En janvier 2011, Passa Porta a accueilli le romancier et nouvelliste Boris Korkmazov dans l'appartement mis à sa disposition par la Ville de Bruxelles. Originaire de la république russe de Karatchaïévo-Tcherkessie, il y a séjourné avec son épouse. Il a publié à Moscou un recueil de nouvelles intitulé Une guerre longue comme la vie. Après avoir tenu des propos critiques au sujet de la politique russe, il a fait l'objet de menaces, tant en Tcherkessie qu'à Moscou. Regardez le reportage de la RTBF.

2009-2010: Dejan Anastasijevic était le premier écrivain ICORN à Bruxelles. De nationalité serbe, il a dû fuir Belgrade suite aux sérieuses menaces pesant sur sa vie et celle de sa famille. Il débute sa carrière comme correspondant de guerre à Vukovar (1991) puis en Bosnie (1992). En 1998, ses pièces traitant des actes de violences commis à l'encontre des Albanais du Kosovo lui valent le discrédit du régime de Milosevic. En avril 1999, lors des bombardements de l'OTAN et de la répression de la presse libre qui s'ensuivent, il fuit à Vienne. Puis il rentre à Belgrade pour prendre part à la chute de Milosevic. Il est le premier journaliste serbe à témoigner au Tribunal de La Haye contre ce dernier. Actuellement, son travail journalistique porte principalement sur le crime organisé et l'insécurité en Serbie.